Les Rencontres de la Sorbonne

Saison 2021-2022
Conférence
Cycle thématique de débats-conférences accueilli pour la sixième saison au Carreau du Temple, Les Rencontres de la Sorbonne proposent cette année d'étudier les dynamiques entre culture et pouvoir.

 

► Les rencontres à venir

 

Mardi 15 février 2022 : Culture Drag, un art militant au défi du genre

Avec Loulou de Cacharel, Noé The Kid et Luca Greco

 

Cette conférence a pour objectif de réfléchir aux enjeux politiques liés à la représentation des rapports de genre à travers la culture drag. Le drag fait désormais partie intégrante de la culture populaire. Passée d’une niche au mainstream, cet art militant est devenu une pratique répandue qui s’articule essentiellement sur la mise en scène et la réarticulation des codes de genre.

Eminemment politique, la culture drag investit les codes du genre et des lectures transgressives des codes sociaux du genre. Parallèlement à cet effet de contestation politique, l’inclusion du drag dans la culture mainstream entraîne un effet de capitalisation de cet art. De là les questions qui animeront ce débat : faut-il se réjouir de l’accueil que la culture hégémonique réserve à ces objets et qui fait connaître au grand public ces minorités encore underground il n’y a pas si longtemps ou bien faut-il redouter que ce passage dans le mainstream ne vienne détruire leur dimension politique, militante et transformer cet art subversif en marchandise culturelle ?

 

 

Les rencontres de la Sorbonne 2021-2022 - Loulou de CacharelLoulou de Cacharel

Femme au bord de la crise de nerf, rockstar en devenir, Loulou de Cacharel est une drag de la performance, qui n'a pas sa langue dans sa poche ni ses talons au vestiaire ! Arpentant les scènes parisiennes depuis trois ans, elle évolue dans un univers pop et rock, et révèle rapidement sous son esthétique de grande dame une fureur névrotique. Loulou est, en somme, une caresse parfumée, mais qui poque un peu.

 

Les Rencontres de la Sorbonne 2021-2022 - Noé The KidNoé The Kid

Noé The Kid est un performeur drag king d'origine lyonnaise, vivant actuellement en Allemagne. Il est membre des Kings Sauvages et du groupe ArchiKings (à l'origine du site dragkingfrance.fr), et par ailleurs chercheur en étude de genre, travaillant sur l'histoire française du drag king pour son mémoire de master. Son king navigue entre critique d'une masculinité blanche hégémonique et réappropriation queer et féministe de la masculinité.

 

Les Rencontres de la Sorbonne 2021-2022 - Lucas GrecoLuca Greco

Luca Greco est professeur de sociolinguistique à l'Université de Lorraine, fondateur avec Maria Candea du réseau "Genre et langage" et membre du comité scientifique de l'Encyclopédie critique du genre (dir. J. Rennes, La Découverte). Ses travaux portent sur le langage en tant que dispositif de construction et de déconstruction du genre dans plusieurs types de contextes : groupes de parole entre parents et futurs parents gay et lesbiens, ateliers drag king, écographies pré-natales. Son livre Dans les coulisses du genre: la fabrique de soi chez les Drag Kings a été publié en 2018 pour l'éditeur Lambert Lucas.

 

Mardi 1er mars 2022

Programmation à venir

Mardi 29 mars 2022

Programmation à venir

Mardi 5 avril 2022

Programmation à venir

 

► Les rencontres passées

 

Mardi 19 octobre 2021 : Repenser nos comportements écologiques : pour une révolution environnementale et culturelle

Avec Olga Kisseleva et Alice Audouin

 

Les sociétés occidentales tentent tant bien que mal de développer une culture de l’écologie, une nouvelle façon d’être au monde en réponse à la gravité de notre situation environnementale et aux rapports scientifiques alarmants sur l’état de notre planète.​⁣ Notre quotidien prouve ce désir d’être responsable tant par l’action des grandes institutions que par les initiatives citoyennes. Mais si cette culture nouvelle, ces pratiques, ces modes de pensée, étaient en partie fondés sur des simulacres ? Une façon de s’auto-gratifier et de se dédouaner des événements catastrophiques qui surviennent, de façon à ne pas véritablement bousculer nos habitudes. N’y aurait-il pas, alors, une forme de mythe de l’écologie ? Au travers de cette rencontre, nous chercherons à démontrer et à questionner l’effet de tels comportements écologiques comme élément de gratification si ce n’est comme mode. Du néocolonialisme encore présent dans des exploitations intensives dans les DOM TOM à l’écoblanchiment omniprésent dans les stratégies de communication marketing, notre culture de l’écologie semble se fonder sur une démarche environnementale qui oublie deux éléments essentiels de l’environnement que sont l’économie durable et le bien-être des sociétés. Nos intervenants, convaincus qu’une culture nouvelle de l’écologie est possible, nous apprendrons à faire rimer écologie avec espoir. Notre équipe vous invite à venir repenser nos comportements écologiques, à dépasser notre impuissance face aux changements du monde, à questionner nos pratiques et croyances et, ainsi, à reprendre le pouvoir de notre culture.​⁣

 

 

Les Rencontres de la Sorbonne 2021-2022 - Olga KisselevaOlga Kisseleva

Olga Kisseleva est artiste chercheur. Elle mène un travail de recherche sur les processus de création en articulation avec les sciences et les technologies contemporaines, notamment, autour des nouvelles formes de l’art qui ont vu le jour suite au développement des recherches scientifiques. Son projet EDEN (Étique - Durable - Écologie - Nature) a reçu en 2020 le Grand Prix STARTS de la Communauté Européenne pour la collaboration innovante entre l’art, la science et les technologies. Les œuvres d'Olga Kisseleva font partie de nombreuses collections d’art contemporain. Son travail a notamment été présenté au Centre Pompidou (Paris, France), au MoMA (New York, USA), à l'ARC (Paris, France), à KIASMA (Helsinki, Finlande), au Consortium (Dijon, France), au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia (Madrid, Espagne), dans les Biennales de Venise, d'Istanbul, de Berlin, et de Moscou...

 

Les Rencontres de la Sorbonne 2021-2022 - Alice AudouinAlice Audouin

Alice Audouin est un acteur pionnier et reconnu dans le domaine du développement durable. Elle possède 17 années d’expérience dans ce domaine, en RSE, communication responsable ainsi que sur le lien entre l’art et développement durable, dont elle est pionnière. Elle est l’ancienne directrice développement durable d’Havas Media et experte développement durable auprès des clients du Groupe Havas (2005-2013) et a participé à la création de Novethic du Groupe Caisse des Dépôts, dont elle fut la directrice marketing et communication (2000-2004). Elle est la co-fondatrice du Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D). Elle est à l’origine d’associations de référence : fondatrice d’Art of Change 21, co-fondatrice de Coal, du C3D et d’AdWiser, et enseigne dans des universités de premier plan (Paris I Panthéon-Sorbonne, Université Cergy-Pontoise). Elle a publié On entend dire que…l’écologie c’est fini, La Communication Responsable, dirigé l’ouvrage Luxe et développement Durable et publié un roman, Ecolocash. Elle a de nombreuses interventions, animations et conférences à son actif (Parlement Européen, UNESCO, Forum Libération, Assemblée Nationale…).

 

Mardi 18 janvier 2022 : Néocolonialisme dans le secteur culturel : y-a-t-il un pouvoir d’agir possible pour les acteur·rice·s racisé·e·s ?

Avec Chantal Loïal et Anne Wetsi Mpoma

 

“ La race biologique n’existe pas, la race est un rapport social par lequel des groupes sont assignés à une identité et un statut qui justifie leur position dominée dans les rapports sociaux "1 (Didier et Éric Fassin). Les rapports 1 de domination raciale s’expriment et s’expérimentent dans toutes les sphères sociales. La sphère culturelle, évidemment, n’y échappe pas. À plusieurs échelles nous pouvons observer les mécaniques à l’œuvre, là où la culture reproduit des rapports de pouvoir de race. La dynamique des rapports sociaux nous conduit aujourd’hui à nous interroger non plus sur une absence, mais sur une forme de présence particulière, qui semble presque paradoxale. Si nous avons assisté, ces dernières années, à une multiplication des saisons culturelles mettant en avant les personnes racisées, il semble toutefois important de se poser la question de « qui » profite réellement de cette visibilisation soudaine. Entre réécriture de l’histoire, exotisation, et spoliation, l’instrumentalisation des productions culturelles des personnes racisées apparaît aujourd’hui encore comme vitrine d’une inclusion globale aux contours flous et aux objectifs parfois opaques.

Cette rencontre vise à questionner les dynamiques de pouvoir à l’œuvre et le rôle que l’assignation raciale joue dans l'écosystème artistique, institutionnel et culturel. L’inclusion des productions culturelles des personnes racisées, est-elle une nouvelle forme d’exploitation coloniale – un néocolonialisme – qui ne dit pas son nom ? Dans quelle mesure, cette inclusion « conditionnelle et conditionnée par l’assignation raciale » limite la capacité d’agir des acteur·rice·s racisé·e·s ?

1 Clerval Anne, « Rapports sociaux de race et racialisation de la ville », Espaces et sociétés, 2014/1-2 (n° 156-157), p. 249-256. DOI : 10.3917/esp.156.0249. URL : https://www.cairn.info/revue-espaces-et-societes-2014-1-page-249.html

 

 

Les rencontres de la Sorbonne 2021-2022 - Chantal LoïalChantal Loïal

Née à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, elle a tout juste six ans quand elle fait ses premiers pas de danse. Cela deviendra une passion qu’elle pourra concrétiser avec son arrivée en Métropole en 1977. Elle côtoie les milieux de la danse africaine, puis antillaise et contemporaine. Au fil des années, elle acquiert une maîtrise complète de son art et rejoint le rang des danseurs et chorégraphes professionnels. En 1994, elle crée sa compagnie de danse afro-antillaise et contemporaine : Difé Kako. En reconnaissance de son parcours de danseuse et de chorégraphe, elle reçoit la Légion d’honneur en Mars 2015 des mains du Président de la république, François Hollande. En 2017, elle crée Le Mois Kréyol, un festival pluridisciplinaire, itinérant et annuel des langues et des cultures créoles.

 

Les rencontres de la Sorbonne 2021-2022 - Anne Wetsi MpomaAnne Wetsi Mpoma

Anne Wetsi Mpoma est historienne de l’art, commissaire d’expositions indépendante et penseuse décoloniale. En octobre 2019, elle a fondé la Wetsi Art Gallery, un espace dont le point de départ repose sur le manque de visibilité dont souffrent certaines catégories d’artistes. Le lieu est entièrement consacré à la revalorisation des productions artistiques de la diaspora africaine au sens large. De 2014 à 2017, elle a fait partie du groupe d’expert·e·s issu·e·s de la diaspora africaine que l’AfricaMuseum a consulté pour sélectionner les pièces de la nouvelle exposition permanente de l’institution. Elle est en outre membre du groupe d’expert·e·s qui rédige le premier rapport de la commission parlementaire fédérale chargée de la recherche autour du passé colonial belge.

 

► Le cycle

 

La traversée des différents confinements et contraintes imposés par la situation sanitaire cette dernière année a renouvelé le regard sur la question de la culture comme "produit de première nécessité". Mais de quelle culture parlons-nous ?

 

Dans un monde de plus en plus transformé par le numérique, chacun d'entre nous est appelé à reconsidérer les positions relatives des différents acteurs culturels et le pouvoir qu’ils exercent à l’aune de la pléthorique offre en ligne. Cet environnement engage à repenser les dynamiques et les tensions dans un paysage politique qui voit émerger diverses formes de contestation des cultures et des savoirs officiels.

 

Dès lors, la question du pouvoir de la culture et des cultures se pose avec urgence, qu'il s'agisse de la culture en tant que secteur économique et à son influence sur l’adhésion ou sur l’opposition politique, ou en tant que mode de vie, a fortiori dans une période de crise qui pointe l'importance de représenter des cultures et des expressions trop longtemps ségréguées et oubliées.

 

Répondant à cet appel à l’action, le cycle de visio-conférences que proposent les étudiantes et étudiants du Master 1 Direction de projet ou d’établissement culturel de l’École des Arts de la Sorbonne -sous la direction de Marco Renzo Dell’Omodarme, Maître de conférences- invite à explorer la dimension culturelle du pouvoir et, réciproquement, la puissance des cultures.