Gustavia - La Ribot et Mathilde Monnier

Mardi 5 et mercredi 6 mai
Danse, Temps fort
Comptant parmi les personnalités les plus charismatiques de la scène chorégraphique contemporaine, les deux femmes, jouant de la ressemblance de leurs silhouettes longilignes et sportives, composent un duo aussi pétillant qu’abrasif.

Parmi les chutes, luttes, cris et chuchotements,  s’ouvre l’effroyable abîme d’une réverbération vertigineuse des contraintes imposées à la représentation du féminin. Le Carreau du Temple, selon sa volonté de présenter à Paris des pièces majeures, se fait un plaisir d’accueillir cet opus, enrichi de dix années de tournée internationale.

 

Mouvements entravés par des objets incongrus, paroles superposées, danses électriques, vrais-faux streap tease sur fauteuils de bureau, collisions, renversements, coups, esquives, détournement des accessoires académiques du théâtre : si l’on reconnaît bien ici certains ressorts et appareils du burlesque, un parfum de Tati, Sellers, Keaton, Chaplin ou encore de Moretti, Blume et Nauman, il s’agit là d’un burlesque purement formel, un comique physique, parfois violent, convoqué pour que jamais la cohérence ne puisse s’installer.

 

Avec la fraîcheur d’une jubilation à jouer ensemble proprement contagieuse et la maturité de leur inébranlable exigence, les deux figures de proue de la danse nous emmènent au cœur du dédou-blement de personnalité de Gustavia, qui régit les modulations des relations entre les deux protagonistes, tour à tour duo, jumelles, doubles ou divas en compétition. Ce cœur est un non-lieu lugubre et fou, dangereux, dont surgit une critique féministe aiguë des impératifs dictés aux femmes pour « jouer » leur genre de façon satisfaisante – dans la vie quotidienne comme dans la création -, avec un bouquet de requêtes incessantes, normatives, souvent grotesques, parfois contradictoires, voire tout simplement impossibles à réaliser. 

 

Une occasion rare de découvrir deux monuments de la danse contemporaine sur un même plateau.

 

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De et avec Mathilde Monnier et La Ribot – Lumière : Éric Wurtz – Costumes : Dominique Fabrègue assistée de Laurence Alquier - Réalisation sonore : Olivier Renouf - Collaboration scénique : Annie Tolleter 
Production : Centre chorégraphique national de Montpellier Languedoc-Roussillon, La Ribot association - Coproduction : Festival Montpellier Danse 2008, Centre de développement Chorégraphique Toulouse Midi-Pyrénées, Spectacles vivants-Centre Pompidou, Théâtre de la Ville, Culturgest Lisbonne, Comédie de Genève, Mercat de les Flors à Barcelone, Festival d’Automne à Paris.