FuturEs

Jeudi 30 septembre 2021, jeudi 21 octobre 2021, jeudi 2 décembre 2021, jeudi 27 janvier 2022, jeudi 10 février 2022, mardi 8 mars 2022, jeudi 7 avril 2022, vendredi 20 mai 2022
Rencontre, Conférence, Temps fort
Fort de la fréquentation du public en ligne pour le cycle Parole aux savant·e·s avec La Poudre en 2020-2021, Lauren Bastide crée un nouveau cycle de rencontres - FuturEs - autour de la pensée écoféministe dans la salle de spectacle, qui continuera de s’ouvrir à tou·te·s avec une visio-diffusion en direct.

 

► Les rencontres à venir

 

  • Jeudi 27 janvier 2022 : Décoloniser l’écologie avec Cannelle Fourdrinier

 

Il n’y a pas qu’une pensée écoféministe, le mouvement est un foisonnement de concepts, d’actions, de courants et de luttes qui ont pour point commun l’articulation des dominations exercées sur les corps assignés femmes et l’exploitation des ressources naturelles. De nombreuses chercheuses écoféministes ont identifié le lien fondamental qui existait entre la colonisation et ces deux types de domination. Exploitation des corps des femmes de l’hémisphère sud pour produire les biens et services consommés par les habitants des pays riches de l’hémisphère nord. Épuisement des ressources naturelles des Suds pour produire les joujoux du Nord. De la fast fashion à l’industrie du care, il est difficile de nier cette réalité. C’est pourtant ce qui est fait lorsque le mot « décoloniser » est érigé en épouvantail par les pouvoirs publics et intellectuels, comme s’il désignait un fantasme ou un délire. Mais rien à faire, les faits sont là. Et c’est sur le terrain qu’on les observe le mieux.

 

L’invitée de ce quatrième volet du cycle FuturEs, Cannelle Fourdrinier est une militante afroféministe queer et écologiste, elle a coréalisé le documentaire Décolonisons l'écologie et participé activement à la mise en lumière des empoisonnements des ouvrier·e·s agricoles par les pesticides, comme le chlordécone, dans les grandes plantations de bananes en Martinique. Une lecture genre/classe/race de ce scandale de santé public, qui résonne avec d’autant plus de violence en ces temps de Covid où les dits « territoires d’Outre-mer » sont plus violemment touchés que la « métropole » par les conséquences sanitaires et économiques de la pandémie.

 

FUTUR·E·S - Lauren Bastide - Cannelle FourdrinierCannelle Fourdrinier est une militante afroféministe queer et écologiste. Elle est également co-réalisatrice du documentaire Décolonisons l'écologie, et membre du Collectif des ouvrier.e.s agricoles et de leurs ayants-droit empoisonné·e·s par les pesticides.

 

 

> Entrée libre dans la salle de spectacle (jauge : 250 personnes maximum)

> Visio-diffusion en direct sur YouTube : cliquez ici !

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Autour de la rencontre :

> Sélections de livres du Comptoir des Mots sur place lors de la rencontre ou à commander en ligne : cliquez ici

> Dégustation de vins natures sélectionnés par Fleur Godart après la rencontre

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    ► Les rencontres passées

     

    • Jeudi 30 septembre : L'écoféminisme ou la mort avec Myriam Bahaffou

     

    Myriam Bahaffou est doctorante en philosophie et militante écoféministe. Elle a fondé le collectif Voix Déterres en 2019 et promeut une vision intersectionnelle de l’écoféminisme en France. Dans leur préface à « Le féminisme ou la mort », texte fondateur de Francoise d’Eaubonne paru en 1974, avec sa co-autrice Julie Gorecki, elles écrivent : « Si il est en mouvement difficile à capturer, s’effritant toujours dans la définition au sein de laquelle on tente de le figer, l’écoféminisme reste néanmoins profondément, absolument et définitivement anticapitaliste. »

    Où le mouvement écoféministe prend-t-il ses racines ? Comment faire évoluer la pensée écoféministe formulée dans les années 70 par ses pionnières sans reproduire les erreurs qu’ils ont commises? Pourquoi l’écoféminisme reste-t-il majoritairement incarné par les femmes blanches alors que les femmes racisées sont à la fois les plus touchées et les plus expertes des destructions causées par le changement climatique ? Comment injecter la pensée décoloniale dans cette nécessité de comprendre le “caractère patriarcal de l’assassinat généralisé du vivant” ? Comment articuler la théorie et la pratique ? Qu’est-ce qui résiste spécifiquement en France ? Comment construire un écoféminisme radical capable de répondre aux défis du XXIe siècle ?

    Cette conférence inaugurale du cycle FuturEs, en compagnie de l’une des plus jeunes représentantes françaises du mouvement ecoféministe, sera une exploration des enjeux passés, présents, et surtout à venir.

     

    FUTUR·E·S - Lauren Bastide - Myriam BahaffouDoctorante en philosophie et militante écoféministe, Myriam Bahaffou est l'une des plus jeunes représentantes du mouvement écoféministe en France. Fondatrice du collectif Voix Déterres en 2019 et co-autrice avec Julie Gorecki de la préface de la nouvelle édition de Le féminisme ou la mort, texte fondateur de Françoise Eaubonne paru en 1974, Myriam Bahaffou explore dans ses recherches les rapports entre le féminisme intersectionnel et les luttes antispécistes.

     

    Autour de la rencontre :

    > Sélections de livres du Comptoir des Mots sur place lors de la rencontre ou à commander en ligne : cliquez ici

    > Séance de dédicaces avec Myriam Bahaffou et Élise Thiébaut après la rencontre

    > Dégustation de vins natures sélectionnés par Fleur Godart après la rencontre :

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    La spécialiste de vins et autrice de bandes dessinées Fleur Godart sera présente pour exposer le travail d'Esmeralda Garcia. Cette vigneronne interprète sur des terroirs de sable, qui se différencient par la seule notion de parcelle, l'unique cépage dont elle dispose, le Verdejo. La nature du sol a empêché le phylloxéra (l'insecte qui a ravagé l'ensemble du vignoble Européen à la fin de 19e) de s'attaquer aux vignes, ainsi vous aurez la chance de goûter du vin issu de vignes qui ont entre 150 et 220 ans. Une palette de variations de textures, de tension, de structures et de nuances lumineuses époustouflantes !

     

    • Jeudi 21 octobre : Écoféminisme : Quelles théories pour quelles pratiques ? avec Jeanne Burgart Goutal

     

    Philosophe, enseignante en lycée à Marseille et professeure de yoga, Jeanne Bugart Goutal est l’autrice de Être écoféministe. Théories et pratiques (L’Echappée, 2020) et l’une de celles qui ont permis la ré-émergence de la thématique écoféministe dans les médias français ces dernières années. À travers son exploration des textes dits « fondateurs » des années 70, mais aussi des espaces où l’on met l’écoféminisme en pratique, elle a tissé des ponts entre le militantisme radical des un·e·s et les concepts philosophiques des autres, proposant de ce mouvement protéiforme une lecture à la fois complexe et critique. « Être écoféministe » devient sous sa plume s’abriter non pas sous le giron d’une pensée monolithique, mais au sein d’une « bicoque biscornue » où l’on peut puiser une réelle force guérisseuse, de soi, et du monde.

     

    FUTUR·E·S - Lauren Bastide - Jeanne Burgart Goutal © Robin PlusJeanne Burgart Goutal est professeure agrégée de philosophie. Elle enseigne à Marseille. Depuis 10 ans, elle consacre ses recherches à l'écoféminisme, en mêlant réflexion théorique et expérience vécue. Un cheminement ponctué de rencontres, de voyages, de questionnements et d'immersions qu'elle a retracé dans l'enquête philosophique Être écoféministe. Théories et pratiques (L'Echappée, 2020, Prix de la FEP), et dans le roman graphique ReSisters (en collaboration avec la dessinatrice Aurore Chapon, Tana, 2021). Elle se forme également à la transmission du yoga.

    © Robin Plus

     

    Autour de la rencontre :

    > Sélections de livres du Comptoir des Mots sur place lors de la rencontre ou à commander en ligne : cliquez ici

    > Dégustation de vins natures sélectionnés par Fleur Godart après la rencontre

    Logo Le Comptoirs des motsParce que le monde du vin a besoin d'art, de la singularité de chaque personne et de paillettes biodégradables, les vins de Jasmin Swan sont une célébration de la communauté LGBTQIA+. Installée en Moselle Allemande, où la tradition pèse aussi lourd qu'un méchant lendemain de fête au vin conventionnel, elle envoie tout valser en produisant la cuvée "Cucu", femmage à son amie Drag Queen James the Creature. Là où tous les vignerons produisent du riesling conventionnel et sulfité, Jasmin fait un assemblage de Merlot, Kerner et Gewurztraminer, pétillant naturel couleur de nos joies d'automne. Elle travaille dans l'espoir qu'un jour, en tant que société, nous travaillerons pour la nature et non avec ou contre. 2021 a été l'une des pires années en termes de catastrophes climatiques en Allemagne et en Europe, il est urgent de revoir nos modes de production !

     

    • Jeudi 2 décembre : Sorcières et oiseaux avec Isabelle Sorente

     

    Lorsqu’on évoque l’écoféminisme, on ne peut pas parler que de théories et de concepts. L’art, la création, la littérature sont des manifestations de la pensée écoféministe tout aussi centrales que la pensée universitaire, tout aussi combatives que que le militantisme de terrain. L’acte d’écriture est peut-être le plus puissant des outils capable de déployer un autre monde possible. L’écrivaine Isabelle Sorente, depuis des années, se saisit de sa plume pour évoquer des sujets aussi importants que la métamorphose, l’éthique, ou l’entraînement à la joie dans un monde capitaliste. Du Complexe de la Sorcière à La Femme et l’Oiseau, elle entrecroise littérature, féminisme et nature dans des ouvrages profondément transformateurs, qui viennent contrer les excès de rationalité de nos société contemporaines, dans un geste aussi artistique que politique. Elle viendra au micro de Lauren Bastide explorer ces sujets.

     

    FUTUR·E·S - Lauren Bastide - Myriam BahaffouIsabelle Sorente est l’autrice de plusieurs romans remarqués dont 180 jours (2013), La Faille (2015) et Le complexe de la sorcière (2020). Elle tient une chronique sur France Inter et dans Philosophie Magazine.

     

     

     

     

    Autour de la rencontre :

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    Athénais de Béru a repris le domaine familial à Chablis, une région qui n'a pas besoin de faire du bon vin pour le vendre : rares sont les domaines qui sortent des pratiques conventionnelles de la viticulture. Elle produit des vins vibrionnants d'énergie, lumineux et toniques, fidèles la mémoire saline des coteaux de kimméridgien, anciens fonds sous marins. Et parce qu'elle ne se contente pas de faire du vin vivant, elle a élaboré " Sorcières ", une cuvée militante en collaboration avec Vins & Volailles. Toutes les femmes du vin ont un jour rencontré une porte close au moment de rentrer dans un chai. " On ne prendra pas le risque de faire tourner le vin, on ne sait jamais avec les hormones " nous dit-on en substance. " Même si le milieu évolue, il y demeure encore bien des préjugés, et cette cuvée a pour vocation d'inscrire le problème du sexisme sur la carte des vins, et au menu de la conversation ".

     

    ► Le cycle

     

    Bien avant que l’urgence climatique ne soit un sujet gouvernemental, bien avant que les Marches pour le Climat ne rassemblent des millions de citoyen·ne·s à travers le monde, des féministes ont conçu une pensée écologiste articulée avec la lutte contre les discriminations de genre.

     

    Dès les années 70, en France, avec Françoise d’Eaubonne, ou aux États-Unis, avec Susan Griffin, des liens sont établis entre la domination exercée sur les corps des femmes et l’exploitation des ressources naturelles. Elles appellent cette pensée « écoféminisme ». L’écoféminisme n’est ni une école, ni un mouvement, c’est un flux foisonnant d’idées, de textes et surtout d’actions politiques qui a essaimé le monde entier. En révélant les relations entre patriarcat, capitalisme et colonialisme, il propose un retournement radical de ce que recouvrent le savoir, le pouvoir et les rapports sociaux. Grâce à l’action de grandes figures de cette pensée, comme celle de la philosophe et militante indienne Vandana Shiva ou encore de la penseuse et sorcière californienne Starhawk, il connaît ces dernières années un nouvel essor salutaire, et constitue un véritable espoir de construire un monde juste et durable pour les générations futures.

     

    Au cours de ce cycle de huit conférences, Lauren Bastide entend s’entretenir avec les penseuses et activistes qui redonnent sa vitalité à la pensée écoféministe aujourd’hui. Sur la scène de la salle de spectacle, elles déconstruisent les mythes liés à ce mouvement, et explorent toutes les propositions qu’il recèle pour (re)construire l’avenir.

     

    Logo Le Comptoirs des motsEn partenariat avec Le Comptoir des Mots, librairie organisatrice du cycle GIRLS power

     

    Programme accessible aux personnes sourdes et malentendantes et traduit en langue des signes française (LSF) avec Paris Interprétation