VIDEOBOX X LE SYNDICAT MAGNIFIQUE

Samedi 15 septembre au samedi 10 novembre
Projection, Art contemporain
Videobox est un espace permanent dédié à l’art vidéo, situé dans un vestiaire du Carreau du Temple.

VIDEOBOX x Le Syndicat Magnifique
Samedi 15 septembre au samedi 10 novembre 
Vestiaire 9 • Entrée libre
Vernissage le vendredi 14 septembre à 18h30 sur inscription 
 

Pour la saison 2018/19, le Carreau du Temple invite de nouveau quatre structures originales, tant par leurs approches esthétiques que par les formats qu'elles imaginent, livrant une vision du monde contemporain à travers la vidéo d’art, le cinéma indépendant ou le film expérimental. En lever de rideaux, le Carreau du Temple offre une carte blanche au Syndicat Magnifique, collectif organisant en France comme à l’étranger un ensemble de projets variés, parmi lesquels des expositions, des programmations discursives ou encore des formes écrites.

Le Syndicat Magnifique est un collectif curatorial composé de trois commissaires et une artiste (Thomas Conchou, Anna Frera, Victorine Grataloup et Carine Klonowski) qui s’attachent à traduire conceptuellement les formes de l’émergence. En travaillant avec des artistes d’une génération proche de celle des membres du collectif, qui ont grandi entre l’effondrement du mur de Berlin et l’arrivée des nouvelles techniques de l'information et de la communication, le Syndicat Magnifique construit des projets aux atmosphères séductrices et paradoxales. Ses objets théoriques - voracité de l’image et des réseaux de communication, folies du développement personnel et obsession managériale, individualisme et défiance politique - sont source de préoccupation intellectuelle autant que d’exaltation formelle. 

 

Clémence de la Tour du Pin, Rémy Brière, Exposition Inner Earth, 2016

Habitué à exposer dans les espaces interstitiels de lieux institutionnels légitimes et légitimants (couloirs, réserves, et à présent des douches), le collectif curatorial Le Syndicat Magnifique répond à la mesure et au statut du lieu par un pas-de-côté. Initiant une démarche de critique de la réception, il réunit trois artistes émergent.e.s dont les vidéos présentent des décalages de ton et de forme par rapport aux attentes qui circonscrivent les sujets et les zones géographiques traités (gravité, esthétique documentaire, recherche). Ces espaces (Bulgarie, frontière turco-arménienne, Liban), traversés par des tensions et des conflits, induisent de la part d’un public occidental des projections culturalistes ici déjouées par une stratégie de l’écart. 

FATMA BUCAK est née en 1984 en Turquie et vit et travaille entre Londres, Royaume-Uni et Istanbul, Turquie. Devant une église abandonnée, qui témoigne du massacre des communautés arméniennes de la région, elle invite des habitants - tous des hommes - à commenter face caméra les gestes qu’une femme réalise silencieusement. Leurs remarques parfois très drôles et leurs regards incrédules viennent contraster avec la gravité cérémonielle de la performance.

GERY GEORGIEVA est née en 1986 à Varna, Bulgarie et vit et travaille à Londres, Royaume-Uni. Dans un paysage bulgare urbain dévasté (le Buzludzha, ancien site de conventions soviétiques, et le Romantika, un club chalga du nom de la pop locale), Gery Georgieva met en tension deux injonctions contradictoires qui pèsent sur les corps des femmes Est-européennes : incarnation de traditions mises en péril et hypersexualisation capitaliste. 

BASSEM SAAD est né en 1994 à Beyrouth, Liban où il vit et travaille. Il emprunte au cinéma documentaire des effets contemplatifs pour mettre en scène l’installation-ascension d’une statue de Saint Charbel à Faraya, au Nord-Est de Beyrouth. Des incrustations de matériel promotionnel ou d’archive complexifient la lecture de l’édification controversée de ce monument religieux - commissionné à une entreprise spécialisée en construction d’îles artificielles et de bâtiments flottants

Feuille de salle à télécharger ici 

For the 2018/19 season, the Carreau du Temple once again invites four structures whose originality stems as much from their aesthetic approaches as the formats they imagine, offering a vision of the contemporary world through video art, independent cinema and experimental movies. As a curtain-raiser, the Carreau du Temple gives free rein to Le Syndicat Magnifique, a collective which organises various projects both in France and abroad, encompassing exhibitions, discursive programmes and written forms.

 

Le Syndicat Magnifique is a curatorial collective composed of three curators and an artist, (Thomas Conchou, Anna Frera, Victorine Grataloup and Carine Klonowski respectively), dedicated to conceptually translating the forms of emergence. Le Syndicat Magnifique builds projects with a seductive and paradoxical atmosphere, working with artists from a generation close to that of its members, who grew up between the collapse of the Berlin Wall and the arrival of new information and communications technologies. Le Syndicat Magnifique’s theoretical objects—voracity of the image and communication networks, the follies of personal development and managerial obsession, individualism and political distrust—are sources both of intellectual preoccupation and formal exaltation.

 

Vidéobox moves into the Carreau du Temple’s locker rooms. Used to exhibiting in the interstitial spaces (corridors, storing spaces and now showers) of legitimate and legitimizing institutional venues, the curatorial collective Le Syndicat Magnifique responds to the size and status of the place by a side-step. Introducing a reception-criticism process, Le Syndicat Magnifique brings together three emerging artists whose videos present shifts in tone and form in relation to the expectations delimiting the subjects and the geographical areas they deal with (gravity, documentary aesthetic, research). These areas (Bulgaria, Turkish-Armenian border, Lebanon) are traversed by tensions and conflicts and induce a Western audience to make culturalist projections that are here thwarted by a strategy of detachment.

 

Fatma Bucak was born in 1984 in Iskenderun, Turkey. She lives and works between London, UK, and Istanbul, Turkey. Opposite an abandoned church, testament to the massacre of the area’s Armenian communities, Fatma Bucak invites inhabitants—all male—to come in front of the camera and comment on the gestures a woman is silently making. Their remarks, which are sometimes very funny, and their sceptical gaze stand in contrast to the ceremonial gravity of the performance.

Gery Georgieva was born in 1986 in Varna, Bulgaria. She lives and works in London, UK. In a devastated Bulgarian urban landscape (the former Soviet conventions site Buzludzha and the Romantika, a chalga club, referencing the term for the local pop music), Gery Giorgieva creates tension between two contradictory commands weighing on Eastern-European women: the embodiment of endangered traditions and capitalistic hyper-sexualisation.

Bassem Saad was born in 1994 in Beirut, Lebanon, where he lives and works. He borrows contemplative effects from documentary movies to stage the installation-ascension of a Saint Charbel statue in Faraya, in North-Eastern Beirut. Insertions of promotional or archival material complicate the reading of the religious monument’s controversial erection, commissioned by a company specialised in making artificial islands and floating buildings.

▶ PRÉCÉDEMMENT DANS VIDEOBOX

 

Production Le Carreau du Temple