VIDEOBOX x Cnap Image/mouvement

Du jeudi 26 mars au samedi 23 mai
Projection, Art contemporain
Dans ce contexte inédit, retrouvez l'exposition en ligne sur notre compte YouTube en accès libre !

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VIDEOBOX x Cnap Image/mouvement
Jeudi 26 mars au samedi 23 mai 2020
Vestiaire 9 • Entrée libre

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Conformément aux mesures gouvernementales, le vernissage est annulé.

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Cnap Image/mouvement

 

Le Centre national des arts plastiques (Cnap), établissement public du ministère de la Culture, encourage et soutient la création en France dans tous les domaines des arts visuels. Il a en charge le Fonds national d’art contemporain, collection nationale de plus de 102 000 œuvres, qu’il enrichit, conserve et diffuse en France et à l’étranger, ainsi que divers dispositifs de soutien à des projets artistiques. Avec Image/mouvement, le Cnap apporte son soutien à des producteurs audiovisuels pour le développement et la post-production de nouvelles écritures et pratiques cinématographiques, tant documentaires que fictionnelles, favorisant l’émergence d’un troisième cinéma.

 

► L'EXPOSITION

« » et « » sont deux films de Natacha Nisic montrant l’impact des catastrophes naturelles sur la société et le paysage japonais.

 

 

Natacha Nisic - e (2009, 17 minutes)

Dans « » (2009), qui signifie image en japonais, l’artiste livre le récit d’un voyage dans le Nord du Japon, près de Fukushima, à la recherche d’un territoire inaccessible meurtri par le tremblement de terre de juin 2008. Aux images du séisme, Natacha Nisic substitue celles de son retentissement sur les lieux et ses habitants.

À l’origine, le film « » a été pensé selon une construction visuelle en triptyque. Natacha Nisic a voulu reprendre l’organisation linéaire du temps : avant, pendant, après un événement - ici la catastrophe du tremblement de terre. La composition est d’ordre musical ; les trois écrans fonctionnent comme un orchestre. Par moment ils « jouent » ensemble et montrent alors la même image et, à d’autres, ils « jouent » leur propre partition et présentent des images différentes à mettre en rapport. Par ce moyen, Natacha Nisic souhaite inviter le spectateur à construire sa propre lecture. Ce dernier ne pourra regarder les trois images en même temps et ressentira alors une certaine frustration. C’est le but recherché par la réalisatrice afin d’illustrer le ressenti que l’on peut avoir face à ce que l’on a perdu puis retrouvé.

Pour la diffusion internet, Natacha Nisic a réalisé un nouveau montage à partir des trois écrans, afin de restituer la sensation de déséquilibre.

 

 

Natacha Nisic – f (2013, 17 minutes)

En 2013, Natacha Nisic réalise une réponse à son film « », intitulée « », comme Fukushima. Deux ans après la catastrophe, elle se rend dans cette même ville et pose son regard sur les paysages, les villages et les êtres qui ont subi les ravages du tsunami et l’irradiation de la centrale. Grâce à un dispositif composé d’un travelling de 25 mètres et de miroirs verticaux de 30 centimètres de large disposés à différents intervalles, l’artiste permet au regard d’englober dans le même temps le champ et le contrechamp, l’avant et l’après de l’événement. Lorsque la caméra passe devant un miroir, une image mobile du contrechamp se déplace en un travelling horizontal de sens inverse dans la largeur du miroir. Il constitue, sans trucage, le jeu d’une image dans une autre, d’un mouvement dans un autre, d’un paysage et de son vis-à-vis. Le dispositif permet de conjuguer le temps des déplacements et des espaces en un seul regard.

 

► DOSSIER PÉDAGOGIQUE

Dans la perspective d'une visite de notre exposition, nous invitons nos publics - tout particulièrement les enseignant.e.s qui accompagnent leurs élèves - à télécharger le dossier ci-dessous : cliquez ici pour télécharger le dossier pédagogique

 

Réfléchir au rapport entre l’Homme et la nature pour constituer une mémoire collective

Ces deux films sont l’occasion de percevoir sous un nouveau jour le rapport entre l’être humain et la nature.

Les Japonais sont très familiers du processus de reconstruction, de nombreux phénomènes climatiques difficiles touchant leur territoire depuis des siècles car le pays est à l’intersection de plaques tectoniques, responsables de cette instabilité : les typhons du mois de septembre, les éboulements de terre, les volcans en irruption, les tremblements de terre récurrents.

Pour les témoins du film « », la nature n’est pas une ennemie. Ils se considèrent comme un des éléments parmi les grandes forces de la nature, le « grand tout », les Japonais étant souvent proches de la pensée animiste. Les habitants ont ainsi appris à vivre avec ces phénomènes et ont adapté leurs environnements de vie en conséquence, les temples sont par exemple construits sur des assemblages de pierres capables de résister à plusieurs types de tremblements. Dès leur enfance, les japonais sont formés à assimiler de véritables stratégies de survie. Ils connaissent le comportement à adopter en cas de phénomène climatique et maîtrisent les premiers soins. Ils ont ainsi acquis une capacité à réagir rapidement pour éradiquer les ruines et reconstruire. Dès lors, ces catastrophes ne laissent souvent pas de traces, ce qui a beaucoup intéressé Natacha Nisic. Les images de ses films visent à constituer la mémoire et le souvenir de ces phénomènes climatiques terribles.

Dans le film « f », Natacha Nisic a voulu rendre visible l’invisible avec autant d’effroi. Pour cela, alors que, lorsque nous pensons les catastrophes naturelles, c’est le plus souvent à travers des images mouvantes, rapides et impressionnantes, l'artiste fait l’inverse en filmant des images calmes, immobiles dans un paysage qui n’évoque pas nécessairement une catastrophe.

 

► L'ARTISTE

Natacha Nisic

http://natachanisic.net/

Née à Grenoble en 1967, Natacha Nisic a reçu une formation de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs à Paris, puis de la Deutsche Film und Fernseh Akademie à Berlin, et finalement, de la La Femis à Paris.

Elle explore la relation entre les images, l’interprétation, le rituel et la mémoire. Elle cherche à questionner la nature de l’image à travers différents médias : le film Super 8, le 16mm, la vidéo, la photographie et le dessin. Ses réalisations sont exposées abondamment autour du monde - elle a récemment exposé au Centre Pompidou (2020), au TOP Museum à Tokyo (2010-2018), à la Media Biennale City à Séoul (2016), au Munfret à Buenos Aires (2016) et au Beau de Paume à Paris lors de son exposition personnelle « Echo » (2014).

En 2014, elle tourne « le Ciel d’Andrea » pour l'émission La Lucarne d'Arte ainsi que « Plutôt Mourir que Mourir » en 2017, film portant sur la Première Guerre mondiale et sur l’historien d’art allemand Aby Warburg. Natacha Nisic travaille sur les questions de représentation des violences extrêmes et sur la mémoire collective, en réalisant notamment le Mémorial des Enfants au Mémorial de la Shoah à Paris.

Natacha Nisic a reçu de nombreuses bourses et résidences, dont la Villa Kujoyama à Kyoto en 2001 et 2016, le Gyeonngi Creation Center en Corée du Sud en 2010 et la Villa Médicis à Rome en 2007, et la bourse du Sénat de Berlin en 2001.

 

► LES VIDEOBOX DE LA SAISON

 

VIDEOBOX X FONDS D’ART CONTEMPORAIN - PARIS COLLECTIONS : du samedi 14 septembre au samedi 2 novembre 2019

VIDEOBOX X LE FRESNOY : du vendredi 15 novembre au samedi 21 décembre 2019

VIDEOBOX x ARGOS : du vendredi 10 janvier au samedi 14 mars 2020

VIDEOBOX x CNAP IMAGE/MOUVEMENT : du vendredi 27 mars au samedi 23 mai 2020

VIDEOBOX x COLLECTION D'ENTREPRISE NEUFLIZE OBC : du vendredi 5 juin au vendredi 31 juillet 2020

 

 

▶ PRÉCÉDEMMENT DANS VIDEOBOX

Dans le ventre du Carreau du Temple, parmi les magnifiques vestiaires en carreaux de pâte de verre utilisés par les 4 000 sportifs, enfants, adolescents, adultes, qui profitent des cours et équipements du sous-sol chaque semaine, il en est un qui a été transformé en espace de projection vidéo. Nommée Videobox, cette niche dotée d'un grand écran avec vidéoprojecteur et de deux moniteurs avec casques auditifs propose tous les deux mois une programmation différente établie en connivence avec de grands opérateurs du paysage de l'art contemporain. Choisis pour leurs engagements protéiformes délestés des rails institutionnels, ces acteurs offrent des programmes accessibles à tous, amoureux de l'art vidéo venant expressément pour ce rendez-vous, notamment lors du vernissage pour y rencontrer artistes, galeristes et curateurs, ou passants simplement curieux d'une pause "arty" après le sport ! 

Production Le Carreau du Temple