RENCONTRES DE LA SORBONNE

Saison 2018-2019
Rencontre, Conférence
Les Rencontres de la Sorbonne, c’est le rendez-vous régulier du Carreau du Temple qui propose en accès libre des débats et conférences aux formats innovants et variés, abordant des questions d’actualité et de société.

LES RENCONTRES DE LA SORBONNE « CULTURE ET IMAGINATION »
Les 18 décembre 2018 et 8 février, 19 mars et 22 mars 2019

Entrée libre sur inscription (date du 18 décembre) 

>> R#3 - 18 décembre - L'horreur, territoire de l'imagination
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Peut on dire encore aujourd’hui que l’imagination constitue un langage, qui participe incontestablement au progrès éthique de l’homme. Cette visée imaginaire, est-elle toujours enrichissante, libératrice et créatrice, ou bien peut-elle nous enfermer dans une sorte d’aveuglement et d’aliénation nous privant de liberté, de jugement et d’autonomie ?

Pouvons-nous soutenir que l’imagination conduit le sujet à mieux se connaître et à devenir éthiquement meilleur en extériorisant sa subjectivité qui favorise le dialogue et les relations intersubjectives ? Par ailleurs, quelle influence les œuvres issues de l’imagination peuvent-ils avoir sur l’éthique, puisque l’imagination vagabonde selon une logique propre à chacun et est irréductiblement singulière ?

Cette série de rencontres permettra de mettre en exergue des thématiques interrogeant l’imaginaire comme « libre jeu des possibilités » et de nouvelles manières d’être au monde, tout en formant un lieu où s’engendrent des représentations propices à inspirer des créations fondamentales pour l’existence de l’être humain. Et comment l’imagination se situe à la charnière du théorique et du pratique, du sensible et de l’intelligible, de l’émotion et de l’abstraction, révélant ainsi la tension entre l’universel et le singulier.

L’imaginaire, l’altérité et la question éthique seront ainsi mises en dialogue, défendant  ainsi une conception de la raison qui fait place à l’empathie et à la compassion, et plus largement à l’imagination. Articulant affects et raison, singularité et universel, elle défend une rationalité pratique, fondée sur une appréciation sensible des situations humaines particulières qui passe par un usage de l’imagination narrative. Le travail de l’imagination constituerait ainsi autant de moyens rendant possible notre participation à d’autres vies que les nôtres et nous font ressentir sur un mode singulier l’exigence universelle de justice.

Aujourd’hui où une réflexion sur le vivre ensemble devient urgente, l’imagination pour la culture doit s’appuyer sur l’imagination comme constituant un espace de circulation et de migration entre le même et l’autre, entre l’homogène et l’hétérogène, entre l’identité et la différence.

 

Françoise Docquiert, responsable du master 1 Direction de Projets et d’Etablissement culturels, Ecole des Arts de la Sorbonne, Université Paris 1 Pantheon Sorbonne.