Guesch Patti

Peinture - Danse - Musique - Théatre
Le salon où l’on cause… quand même… : la nouvelle création de Guesch Patti

Le projet en résidence 

Un titre piquant et faussement désinvolte pour une performance qui se révèle plus offensive que l’air qu’elle veut bien se donner. Dans un espace insolite, entre salon comme à la maison et galerie d’art branchée, cette nouvelle pièce de Guesch Patti convoque danse, théâtre, arts plastiques avec peinture en direct et pas mal de choses à dire sur tout mais pas n’importe quoi. Autrement dit, sur la société comme elle va, l’art et la culture, l’intime dans le groupe, l’apparence et les effets de surface, le tout bien secoué comme elle sait faire.

Pour causer haut et fort, la danseuse-chanteuse et auteur a remixé certains textes de ses six albums. En complicité avec le dramaturge Olivier Balazuc, elle en a extrait un texte théâtral au long cours qui swingue entre les mots pour cibler juste. Redistribués comme une conversation, les mots et les formules se télescopent entre les interprètes et le performer qui déambulent dans cette expo vivante, spontanée comme une soirée entre amis. Toi en bleu, moi en rose, j’en ai ma dose ou encore De découvertes en surprises, j’aime qu’on me courtise, c’est dit…à la manière de. Pendant que la peinture dégouline et les corps chutent, l’envie de refaire le monde jaillit à chaque seconde pour empêcher qu’il ne s’effondre définitivement.

Le salon où l’on cause…a un air de jeu de société ludique et ironique Ce spectacle-performance entre quatre femmes et cinq hommes est…une fable, une soirée privée, un coup de gueule, une fiesta improvisée, une débandade, un éclat de rire. Futilités essentielles, vérités du moment,  une certaine idée de la légèreté pour mieux vivre. Et l’art du bavardage corrigé par la poésie sulfureuse  de Guesch Patti. Avec beaucoup de danse pour faire circuler la conversation.

 

Guesch Patti

La danse, c’est sa vraie base. Elle se sent danseuse avant tout.

A quatre ans la danse, à neuf ans et demi l’Opéra, à 14-15 ans Roland Petit. Puis une pause jusqu’à vingt et un ans. Elle est repérée par la directrice du Ballet d’Amsterdam qui lui propose une carrière d’Etoile. On l’amène alors chez René Deshauteurs ; elle devient danseuse de modern jazz. On l’amène chez Joseph Russillo ; il la veut, il insiste, il monte sa compagnie dans les années 70. Ce sera la première compagnie de danse contemporaine publique à investir la scène du Palais de Chaillot. La compagnie invite Carolyn Carlson mais au moment où Carolyn fonde le GRTOP, elle décide de ne pas suivre la chorégraphe. Elle rencontre alors Anne-Marie Reynaud et Odile Azagury avec qui elle noue une amitié artistique. Puis, Jennifer Muller, avec qui elle prend un stage, l’invite aux Etats-Unis. Elle décidera de ne pas la suivre.

La danse ne la quitte jamais.

D’influences en découvertes, les univers de Pina Bausch, Anne Teresa de Keersmaeker, Mats Eks, Wim Vandekeybus  la touchent particulièrement.

Daniel Larrieu, ami et conseiller de longue date, à qui l’on confie une soirée de soli, l’invite à interpréter Lui. Ceci déclenche, grâce à Anne-Marie Reynaud, la pièce Elle sourit aux larmes donnée au Théâtre des Abbesses et composée de soli d’Odile Duboc, Daniel Larrieu, Pascale Houbin, Odile Azagury et Dominique Mercy.

Elle poursuit avec Odile Azagury pour la pièce Les Princesses à Poitiers et au Théâtre National de Chaillot.

À la suite de ces représentations, on l’incite à la chorégraphie pour l’hommage à Pina Bausch au Théâtre de Vanves, dont les échos favorables déclenchent l’envie et l’idée de créer son propre projet  Re-Vue en 2013 présenté au festival Etrange Cargo puis dans le cadre d’ArtDanhté à Vanves et au Théâtre de l’Atelier à Paris.

On l’a vu également au théâtre, notamment dans L’Opéra de quat’sous de Brecht et Weill et Par dessus bord de Michel Vinaver mis en scène par Christian Schiaretti, puis dans Jesus Camacho404 284 d’après des textes deFrancis Marmande, Victor Hugo et Victor Ségalen, adaptés et mis en scène  par Patrick Sommier et Allegro ricordando d’Ami Flammer , mis en scène par Georges Lavaudant 

 

Co production MCNA de Nevers

 

crédits photos : Jérémy Circus (portrait de l'artiste et vue du spectacle Re-Vue)