Compagnie Dans Le Ventre

Théâtre
Où la chèvre est attachée, il faut qu'elle broute, la nouvelle création de la Compagnie Dans Le Ventre

Crée en 2006 par Margault Chavaroche et Rébecca Chaillon, basée en Picardie, la compagnie crée des projets pluridisciplinaires, qui voyagent dans les villages picards, au Burkina Faso, au Mexique… et fait très tôt de manière assez peu conventionnelle son premier festival d’Avignon en
2007 avec une équipe de 20 comédiennes et instrumentistes. La Compagnie explore les identités féminines, le rapport au corps et à notre société. D’abord à travers des pièces d’auteurs puis vers une écriture du plateau plus personnelle suite à la rencontre de Rébecca avec Rodrigo Garcia.

 

PRESENTATION DU PROJET

Onze personnes nées assignées femmes, pratiquant le football dans l’équipe des Dégommeuses* ou ayant une pratique scénique du corps dans l’effort, se rencontrent sur un terrain commun, celui de la performance, sportive et artistique. Dans le temps du match et avec ses codes, elles se mettent en jeu dans une histoire généralement présentée comme appartenant aux hommes. Elles se réapproprient ce sport plusieurs fois confisqué aux femmes, et racontent une histoire politique des corps, des identités féminines et du football.

* Les Dégommeuses sont une équipe de foot mais aussi un groupe militant ayant vocation de lutter – dans le sport et par le sport – contre le sexisme, les LGBT-phobies et toutes les discriminations.

 

NOTE D'INTENTION

Faire entendre les parcours de personnes qui endurent dans le sport et dans la vie sous le regard des autres, à travers mon regard et ce que je sais d’elleux et puis par moments, croiser ma parole à la leur via des interviews improvisées. J’ai voulu d’emblée mélanger des véritables
praticiennes de sport, et des praticiennes de la scène, afin d’induire un trouble (il y a d’ailleurs des doubles parcours dans l’équipe) et fabriquer une équipe de performeuses. Cette équipe a pour volonté de questionner au plateau les discriminations dans le football, et donc à plus grande échelle dans la société. Présenter douze individuEs nées femmes, dans leurs complexités, leurs paradoxes face à ce sport, sur un terrain réduit à son mininum : un rectangle de terre, un vestiaire fantasmé, les gradins au centre du regard.
Qui dit discrimination, dit violence et domination. Aujourd’hui le football n’est pas un sport inclusif, il est régi par des hommes, par un système capitaliste qui en fait commerce, et il vient exacerber un nationalisme violent. J’avais envie d’aborder le sexisme, le racisme, les Lgbtphobies,
l’handiphobie, l’agisme… et tous ces endroits de hiérarchisation des individu.e.s, tout en conservant une parole intime.
Le football est approprié à cette recherche autour des identités féminines. Il permet d’interroger la communauté des femmes dans leur diversité, de questionner la nécessité de la non-mixité et de montrer l’individuE au sein d’un groupe de pairs. Qu’est ce qu’une supportrice, une joueuse amatrice, une Dégommeuse, une joueuse professionnelle ? J’incarne pendant la performance, le personnage isolé, celle qui ne joue pas, mais qui endure malgré tout, c’est l’arbitre, le/la coach, le/la dirigeantE, l’homme/la femme qui regarde les femmes jouer, c’est l’individuE face au groupe. C’est le regard omnipotent de la metteuse en scène/autrice qui suit et nous fait suivre le spectacle qui se déroule.

Rébecca Chaillon

Crédit photo : © Sophie Madigand