Cie Theatrum Mundi

Théâtre
La Liberté ou la mort, le deuxième spectacle de la compagnie Theatrum Mundi

LE PROJET

« Une fois, il y a longtemps, c’était la bonne époque, j’ai eu l’occasion d’accompagner un très docte étranger en visite dans mon pays. Il me dit un jour : « Moi, vous savez, les choses après le IIIe siècle ne m’intéressent pas. » Je l’admirais beaucoup, mais j’ai été choqué. J’ai éprouvé à l’entendre, une étrange et froide sensation comme s’il avait éteint tout à coup les lumières sur une énorme superficie de deux mille deux cent et quelques dizaines d’années et que je me débattais désespérément dans cette mare ténébreuse et sans bornes. » Georges Séféris, Deux aspects du commerce spirituel entre la France et la Grèce, 1944

La Liberté ou la mort retrace la guerre d’indépendance qui a vu la Grèce se libérer du joug ottoman au 19ème siècle, après près de quatre cents ans de domination.

En 1821, les indépendantistes grecs se mettent en branle. Ils sont en infériorité face au sultan, et demandent de l’aide aux Puissances (France, Royaume-Uni, Autriche, Russie). Celles-ci, liées par le Congrès de Vienne, ne peuvent soutenir une rébellion contre un souverain légitime, de peur d’en payer les répercussions sur leurs propres sols et de mettre en péril une paix récente et encore fragile. Ainsi, pendant six ans, les Grecs se battent tel David contre Goliath. Les faits d’héroïsme sont nombreux. Les opinions publiques occidentales apportent leur soutien, mais la position des Puissances reste inchangée. Les Grecs voient leurs ressources se réduire comme peau de chagrin. Ils contractent des emprunts auprès de banquiers anglais à des taux dignes des pires usuriers. Finalement intéressées par le jeu diplomatique et infléchies par leurs peuples ralliés à la cause des insurgés, les Puissances finissent par se mêler du conflit et portent le coup fatal, qui contraindra les Ottomans de reconnaître l’indépendance de la Grèce. Seulement, la jeune nation grecque est déjà lourdement endettée à l’étranger et sera forcée de se soumettre à un nouveau roi, Othon Ier de Bavière, parachuté là par les Puissances. Leur révolution se trouve ainsi confisquée.

L’ambition de ce projet est triple : conter ce récit manquant de la Grèce, qui nous éclaire sur la situation qu’elle traverse au XXIème siècle ; questionner et éprouver notre liberté aujourd’hui ; et enfin, raconter l’élan de solidarité internationale d’alors pour questionner notre attitude actuelle face à la détresse des Grecs.

Ainsi, il ne s’agira pas de théâtre documentaire mais bien d’adopter une liberté de ton et de dramaturgie vis-à-vis de la réalité historique pour trouver l’essence de cette révolution et parler aussi de notre temps par le prisme de l’évocation historique.

 

 

LA COMPAGNIE THEATRUM MUNDI

La Compagnie Theatrum Mundi est créée en 2017 à l’initiative d’Anissa Daaou. Elle est vouée à explorer des thématiques sociétales, à la frontière du réel et du fictionnel, du politique et de l’intime.

Sa première création, En Eau trouble, est présentée en juin 2017 à L’école du Jeu, avec une troupe de dix-huit comédiens. Inspirée de faits réels, elle plonge le public dans une année de la vie d’une ville moyenne sinistrée, autrefois fleuron de l’industrie automobile, qui traverse un grave scandale sanitaire.

La Liberté ou la mort est le deuxième spectacle de la compagnie, qui poursuit ainsi les questionnements qui ont affleuré dans son premier spectacle et s’attelle à un nouveau récit tu de notre histoire. 

 

L’ÉQUIPE

TEXTE ET MISE EN SCÈNE : Anissa Daaou

JEU : Milena Csergo, Anissa Daaou, Lucas Dardaine, Maïa Foucault, Robin Gulbert, Gabriel Tur

SCÉNOGRPAHIE ET COSTUMES : Cecilia Galli

CRÉATION LUMIÈRE : Quentin Maudet

REGARD EXTÉRIEUR : Manon Worms

 

Crédits photos :

Meridith Kohut, The New York Times

Agusti Centelles

Engène Delacroix, Scènes de massacres de Scio, 1824