CIE LE SENS OPPOSÉ

Théâtre
"Qu'est-ce qui fait que les êtres humains sont ce qu'ils sont, abîment ceux qu'ils abîment comme ils les abîment ? La malveillance, elle vient d'où ? Quelle part réelle prend-elle dans le jeu de rôle des hommes entre eux ?"

LE PROJET EN RESIDENCE : MALGRÉ LES MORTS, J'AURAIS VOULU UNE FIN HEUREUSE

 

   Regarder notre présent avec naïveté et intransigeance peut faire émerger ces questions. Cymbeline de Shakespeare les porte. C’est une oeuvre étrange, fondée sur des mensonges, des tensions humaines et politiques, qui, alors même qu’elle aborde en même temps nombre de thématiques universelles (la guerre, l’amour, la famille, la mort), refuse de s’embarrasser de leur complexité.  Et pourtant, derrière l'infamie, le meurtre, la trahison, la barbarie, il y a toujours "quelqu'un".  Ce constat constitue le point de départ d'Angèle Peyrade, metteur en scène de la compagnie.

   À partir de là, elle aimerait garder les thématiques et les personnages de Shakespeare et les réactualiser pour questionner l’histoire originale, en adressant de front ses silences, ses vacances et ses incohérences. Dépasser la simplification qui s’opère dans cette pièce de la part monstrueuse ou condamnable de l’homme, et la passer au crible. 

   Dans Malgré les morts, j'aurais voulu une fin heureuse, la clé de voûte ne sera pas tant la trame de Cymbeline que les histoires minuscules des individualités, des solitudes qui s'y croisent. Soit des personnages au prise avec des situations de notre temps, intimes ou politiques, de toutes façons trop grandes pour eux, mis à nus devant le public, qui jouent toujours et qui ne jouent jamais. Il s’agira de réécrire pour le plateau en remettant en question toute forme de manichéisme. Détailler des portraits, recentrer des enjeux, et ébaucher des explications.  

   "On va parler de malveillance. On va parler de « personnes ». On va ouvrir des fenêtres pour regarder des gens qui se débattent avec eux-mêmes, parce qu’aucun d'eux n'est net. On va parler de quand personne ne s'écoute plus, ne se voit plus, ne s'entend plus. On va parler de comment marche le monde dont les rouages sont des hommes faillibles, fragiles, louables et détestables. On va confronter au plateau des pulsions de vie et des pulsions de mort, pour aller chercher ce qui chez nous spectateurs, acteurs, personnages, endort la vigilance, et ce qui peut-être, pourquoi pas, pourrait la réveiller."

 

LA COMPAGNIE EN QUELQUES MOTS

Le Sens Opposé est une compagnie créée par Angèle Peyrade dans le giron de l'Ensemble Esprits Libres. Elle a pour vocation de défendre un théâtre contradictoire, naïf, cynique et corrosif, qui interroge la nature humaine et ce qu’elle construit sans détour ni concession. Un théâtre du laisser-aller, de la cruauté, de la fragilité, de l’empathie.  Ses créations se fondent sur une recherche sur le temps présent, au plus près de la zone sensible de ce que peut être une représentation. Ce sont des moments qui tendent à troubler les frontières entre les acteurs traditionnels du théâtre : scène/salle, personnages/comédiens/ public, réalité/fiction… La salle de spectacle est envisagée comme lieu de rassemblement non pas pour se rassurer, mais pour s’essayer ensemble à être et à penser autrement.

 

 

Réécriture et mise en scène Angèle Peyrade

Création vidéo Clément Salzedo

Avec Charlotte Berthemet, Simon Rembado, Thomas Couppey, Jeanne Didier, Fanny Garin, Yoanna Marilleaud, Yannick Morzelle, Laure Prioul et Marie-France Roland

 

Cette oeuvre sera réalisée en coproduction avec La Mue dans le cadre d'une résidence de création.

 

Crédits photos Clément Salzedo