Cie Le Dahu

Théâtre
"La fierté / D’où vient cet enfant qui parle" forme un diptyque avec leur précédente création. Ces deux pièces, bien qu’autonomes, s’inscrivent dans un cycle de travail qu'ils entament avec des personnes détenues. .

// Le projet en résidence 

 

LA FIERTE / D'OU VIENT CET ENFANT QUI PARLE

 

"Peu d’images, de paroles, peuvent sortir de détention, mais la prison n’est pas condamnée à n’être qu’un lieu d’enfermement. Cela fait maintenant 6 ans que nous intervenons en prison. Nous y rencontrons des gens avec lesquels, hors de cet espace codifié, nous n’aurions jamais pu apprendre à nous connaître. Et c’est un peu de ce miracle, pas si ordinaire, de la rencontre, que nous avons envie de déplacer au théâtre, dans cet autre lieu à part.

Pour La Fierté / D’où vient cet enfant qui parle, nous voulons poser la question de la génération, de la transmission du sentiment d’indignité, ou plus simplement de ce qu’on a peur ou envie de transmettre à nos enfants. 

Questionner cette forme de honte, qu’on peut avoir le sentiment de traîner toute sa vie, ou qu’on n’a jamais connue. D’où elle vient, comment elle reste, comment elle part.

C’est un sentiment que nous avons l’impression de croiser souvent, notamment en prison, et c’est aussi un sentiment qui nous a longtemps été familier.

En partant de la rencontre entre une comédienne et un ancien détenu, nous nous appuierons sur ce qu’ils voient chacun l’un de l’autre sans se connaître, sur ce qu’ils pensent que l’autre reconnaît en eux. Puis à partir de leurs histoires, nous irons vers ce qu’ils transmettent, ce qu’ils retrouvent en eux de leurs grands-parents, ce qu’ils envisagent pour leurs enfants.

Les échanges entre les comédiens racontent une part réaliste, introspective de la rencontre. L’univers sonore et la danse viennent rendre compte des phénomènes inconscients à l’oeuvre à l’intérieur des corps. Nous aurons sur le plateau deux danseurs, deux corps reflets l’un de l’autre, comme dans la rencontre.

Progressivement la rencontre initiale se transformera en une rencontre à quatre, incluant les acteurs de la première pièce du diptyque, en développant la question de la transmission par les grands-parents, les parents.

La Fierté / D’où vient cet enfant qui parle poursuit cette expérience fondatrice de travailler avec des non-professionnels et de les mêler à différents interprètes - musiciens, danseurs, comédiens – en partant de leur parcours personnel, pour nous demander, à tous, où nous allons."

 

// La Compagnie

 

La Compagnie Le Dahu a été fondée par Maëlle Faucheur et David Costé. En s’entourant de différents partenaires (comédiens, scénographe, vidéaste, créateur lumière), ils ont conçu, mis en scène et joué Sincère ? (2009), Poupée(s) (2010), Fabulous, prix Paris Jeunes talents en 2011, Muscles (2013), et La Rage / Et à la fin nous serions tous heureux (2016).

Leurs créations ont reçu l’aide à la production et le soutien de la DRAC Île de France, d’Arcadi Île de France, de la Spedidam et de l’Adami. La compagnie a été accueillie en résidence longue à Mains d’OEuvres, lieu culturel et citoyen à Saint-Ouen, de novembre 2010 à mai 2015. Elle est accompagnée par le Collectif 12 depuis 2013.

Basé sur une écriture de plateau, le travail de la compagnie se situe au croisement du théâtre, de la danse, de la musique. La démarche de création implique également, en parallèle du spectacle, un questionnement théâtral au sein d’ateliers avec des publics choisis. Une volonté de plus en plus forte de les conduire jusqu’à la création d’un spectacle a donné lieu en 2015 à Nous n’avons pas toujours été forts, écrit pour les patients et soignants de l’Hôpital de Jour de Saint-Ouen en parallèle de Muscles, et en 2016 à Hors Lignes, création avec un groupe de détenus de la Maison d’Arrêt de Villepinte, en parallèle de La Rage / Et à la fin nous serions tous heureux, présenté au Théâtre Paris Villette pour le festival Vis à Vis.

 

Visuels de la précédente création La rage / et à la fin nous serions tous heureux

Crédit photo : Martin Argyroglo