Cie Acéphale

Théâtre, danse
"Moi seule à nous deux" est dédié à toutes les mères faramineuses et à toutes les petites filles qui, pour leur survivre, ont le génie de ne l’être pas moins. Qui un jour ont le courage de soulever leur robe ou d’arracher celle de leur mère.

// Le projet en résidence 

 

"Moi seule à nous deux"

 

Quelle folie

S est abandonnée du monde.

Quitte à être abandonnée autant réinventer le monde, entièrement.

Petite fille, jadis sa mère donnait totalement son corps à d’autres occupations. De cet abandon S a fait sa nuit. Et de cette nuit d’abandon, ici et maintenant, un autre corps surgit. Comme un animal mécanique échappé de sa robe, il se livre à une danse d’horloge qui remonte le temps. C’est M. Pour une petite fille ce n’aurait été qu’une poupée, celle à laquelle sa mère avait donné mission de faire pardonner son absence. Mais S n’est plus tout à fait une petite fille. Et M n’est pas tout à fait une poupée non plus.

Deux femmes sur scène pour un double corps. Entre elles s’édifie une histoire de possessions et de dépossessions, comme une danse d’abîme, celle qui se bouscule entre une fille et sa mère, entre un corps et son double, entre une fiction et son fantôme. Un orage se fait sentir, un orage de désirs et de temps retrouvé, et un monde afflue dont on ne sait bientôt plus qui en faisait le commencement.

Moi seule à nous deux est dédié à toutes les mères faramineuses et à toutes les petites filles qui, pour leur survivre, ont le génie de ne l’être pas moins. Qui un jour ont le courage de soulever leur robe ou d’arracher celle de leur mère.

Sous la robe de nos mères, sous la robe du monde, se tient une pénombre où tout se réinvente, où se dessine une ronde que l’on appellerait la folie d’être soi, où s’échappe encore une identité qui n’est qu’un vaste soupir. Fût-ce celle de deux femmes en une seule.

Dans leur suite s’éparpillent, comme des papillons de nuit attirés sur le fond d’une matrice impossible, mère ou fiction, certains fantômes – l’abîme du féminin, le vertige du miroir, l’ivresse de la ronde – et certaines visions comme des effluves – une poupée incandescente, un nocturne de la voix, une âme en forme de machine, une folie de l’espace à deux corps.

 

// La Compagnie 

 

La compagnie Acéphale est créée en 2015 par Ivan Robillard et Anita Lombard Robillard. Clin d’œil à Georges Bataille et à la période de revues comme Acéphale qui vit s’édifier des objets d’une transversalité inédite et qui rappelle à une certaine liberté. La compagnie s’est fondée dans l’esprit de cette transversalité-là, de pensée autant que de forme, et d’une liberté traçant une diagonale entre les arts, pour peu qu’elle ne cède ni au morcellement conceptuel ni aux aplats contemplatifs. Recours ainsi aux formes diverses qu’elles soient sophistiquées ou rescapées du plus trouble bastringue, qu’il s’agisse de texte, de danse, de cinéma, de représentation, de performatif, tout cela est mobilisé à l’aune d’une embarcation du sens. 

 

Ivan Robillard

Ivan Robillard est un artiste pluridisciplinaire. Il poursuit, sous des identités multiples, un travail à mi-chemin entre la scène, l’art contemporain et le cinéma. Au fil du temps ses travaux recoupent une réflexion sur les fictions du contemporain, sur le devenir des corps et le devenir des perceptions. Il développe une pratique faisant une place importante aux transformations, aux inventions du corps autant qu’aux plasticités de l’identité. S’y mobilise une certaine archéologie des images et des formes où il est notamment question d’empreinte, d’utopie, d’anatomie du temps. Il termine actuellement un film de moyen métrage librement inspiré de La Sorcière de Jules Michelet et des écrits de Pasolini. 

 

Anita Lombard Robillard

Anita Lombard Robillard est comédienne. Elle passe son enfance sur les routes avec la troupe du Grand Magic Circus de Jérôme Savary et fait ses premiers pas sur scène dans Le songe d’une nuit d’été (Théâtre National de Chaillot). Lauréate de la classe Libre des cours Florent, elle se forme auprès de Michel Fau et de Jean-Michel Rabeux. Elle travaille notamment sous la direction de Manon Savary, Pierre Grimblat, Marion Sarraut, Michel Favart, Charlotte Silvera aux côtés de Richard Bohringer, Isabel Otero, Francis Huster, Jean-Pierre Cassel, Nicole Croisille. En 2017 elle joue dans le spectacle Night in white Satie mis en scène par Pierre Notte au Théâtre du Rond-Point et au théâtre du Balcon à Avignon.

 

Chloé Barrier

Chloé Barrier est danseuse et interprète. Elle se forme à l’Académie de Ballet Nini Theilade à Lyon puis à l’Académie Internationale de la Danse à Paris où elle suit une formation pluridisciplinaire en danse classique, moderne et contemporaine ainsi que dans d'autres disciplines, notamment le hip hop. Elle intègre ensuite la Copenhague Contemporary Dance School et travaille pour plusieurs chorégraphes dont Ingrid Kirstensen pour le spectacle H.C Andersen et Kasper Ravnhoj pour le Projet X. Elle participe également à des scènes ouvertes comme le Loona Night. De retour en France elle participe à divers événements chorégraphiques comme La Loop en collaboration avec plusieurs artistes pluridisciplinaires et aujourd’hui avec Ivan Robillard (Cie Acéphale) pour Moi seule à nous deux.

 

Donia Berriri

Donia Berriri est pianiste et chanteuse, auteure-compositrice-interprète. Après une année d’Hypokhâgne, elle se consacre à la musique, obtient une maîtrise de musicologie à Paris VIII et étudie parallèlement le piano et le saxophone jazz au conservatoire. Elle chante depuis sous le nom d’ACHILLE, titre de son premier EP paru en 2014 et dont elle décide de garder le nom pour la scène, en hommage à Debussy, né Achille-Claude. En juin 2015, elle reçoit le Coup de coeur du jury du Prix Andrée Chedid. En 2016, son premier recueil de poésie, L’inconnu cardinal, paru aux Editions du Cygne a les honneurs d’une lecture musicale à la Comédie-Française. Son premier album IRIS sort en 2017 (Le Furieux / L’Autre Distribution). Elle bénéficie alors du programme d’accompagnement Parcours et d’une résidence à FGO-Barbara, renouvelée l’année suivante pour sa nouvelle création. Elle a essentiellement accompagné Nosfell (qui interprète en duo avec elle sa chanson J’oublie), Camélia Jordana (pour qui elle a signé le titre Illégale) et L. Elle joue par ailleurs de plus en plus au théâtre, dans les spectacles de Pierre Notte, de Benjamin Guillard (aux côtés de Raphaël Personnaz, primé aux Molières 2018) et de Madeleine Louarn (avec Rodolphe Burger). Elle achève en 2018 l’écriture de son premier spectacle, Et si au Clair de Lune, autour de l’influence de Debussy - dont on célèbre alors le centenaire de la mort - spectacle musical mêlant son répertoire et ses mots à la musique et au discours de son maître. Il est créé au Théâtre de la Manekine, soutenu par l’Adami, et sera présenté en février 2019 au Théâtre du Rond Point. 

 

Texte, mise en scène, chorégraphie, scénographie : Ivan Robillard

Création musicale : Donia Berriri

Avec Chloé Barrier, Donia Berriri, Anita Lombard Robillard