FESTIVAL AVIS DE TURBULENCES

Vendredi 28 septembre
Danse
Une soirée dédiée à la danse avec deux spectacles : "Atomic 3001" de Leslie Mannès, Sitoïd et Vincent Lemaître et "Mieux vaut partir d'un cliché que d'y arriver" de Sylvain Riejou.

Certains opérateurs culturels vouent un fervent travail au repérage et à la diffusion de talents "immergés" qui n'attendent que cela, au sens propre : montrer une partie de l'iceberg. Le Festival Avis de Turbulences, créé et mené pour la douzième année par l'équipe de l'Etoile du Nord, en fait partie. Aussi le Carreau du Temple met-il un point d'honneur à rester attentif et fidèle aux révélations du trublion des nouvelles formes chorégraphiées.

 

ATOMIC 3001, LESLIE MANNÈS, SITOÏD ET VINCENT LEMAÎTRE / 19h30

Tribale et techno, robotique et terriblement incarnée, monochrome et incandescente, primitive et futuriste, la danse contrastée de Leslie Mannès épouse le son et la lumière, jusqu'au bout des doigts. A bout de souffle. 
Œuvre aussi musicale et plastique que dansée, Atomic 3001 éclate d'emblée en une figure charismatique et androgyne, vêtue d'un rouge primaire, se découpant sur une techno ravageuse. Rétro-éclairée, cheveux devant le visage... La vision brouillée par les jeux de lumière, le spectateur pourrait presque l'imaginer de dos. Pieds rivés au sol, ses membres se mettent en mouvement un à un selon les bits. D'abord, seules les mains bougent le long du corps, puis les avant-bras, les hanches, enfin le corps entier, dans une synchronicité si parfaite avec la musique qu'on ne sait plus bien ce qui impulse quoi : musique ou danse ? Les effets d'optique accompagnent sa gestuelle stroboscopique et réciproquement, tandis que la musique électronique tend vers une transe qui amplifie, prolonge et habite cette danse machinique et possédée. Les pieds n'ont toujours pas bougé, il n'y a toujours pas de visage, l'espace est déchiré de gestes saccadés qui tranchent l'espace, jusqu'à un fondu au noir salvateur.
Alors la lumière éclaire enfin le visage, fait tomber le masque monoïque, détrôné par une figure on ne peut plus féminine, quittant son habit rouge pour offrir à l'inverse une performance faciale et directe, crue. En toute transparence, en toute sensualité, en toute fragilité, l'interprète "prend" le plateau. Un écart de l'aire de jeu la sort du théâtre, la rend à sa vulnérabilité de vivante, brise du même geste le hors champs, accueillant le public dans l'enceinte tribale et un crescendo de cris animaux et de tambours, dans l'épuisement de la transe. 

Durée : 45min
Chorégraphie et interprétation : Leslie Mannès - Composition musicale originale : Sitoid Création - Lumière : Vincent Lemaître - Regard extérieur : Joëlle Bacchetta - Diffusion : Stéphanie Barboteau/Bloom Project.be - Coproduction : Les Brigittines - Production : Asbl Hirschkuh en collaboration avec Cosipie asbl avec le soutien de VAT, du Théâtre de la Balsamine, de WBTD et de Wallonie Bruxelles International - Crédit photographique : Hichem Dahes ASBL HIRSCHKUH 
Dans le cadre du soutien à la diffusion PSO. En coréalisation avec Les Petites Scènes Ouvertes, réseau de soutien à l’émergence des jeunes chorégraphes avec l’aide de l’ADAMI

 

MIEUX VAUT PARTIR D’UN CLICHÉ QUE D’Y ARRIVER, SYLVAIN RIEJOU / 21H 

Sylvain Riejou se croque le cerveau et en joue. Premier opus du danseur et vidéaste, ce One man show vidéo-chorégraphique partage avec panache et dérision les questionnements liés à la création. 
Pour nous emmener au large du poncif de l'artiste romantique ou torturé, autant en faire son port d'attache. Voici le postulat de la pièce de Sylvain Riejou, qu'il donne à lire dès son titre. 
Interprète remarqué, tant pour son travail auprès de chorégraphes (Olivia Grandville, Sylvain Prunenec, Nathalie Pernette ou Didier Théron) que sous la direction de metteurs en scène (Roméo Castellucci, Robert Carsen) et d’artistes plasticiens (Clédat et Petitpierre), Sylvain Riejou s'adonne en autodidacte depuis une dizaine d'années au montage vidéo, qu'il explore ici comme un vecteur de composition chorégraphique. 
Cette autofiction, sa première pièce, s'enrichit de la maturité de cette recherche personnelle, autant qu'elle emprunte à son enfance, danseur en herbe s'agitant seul dans sa chambre sur les clips de Prince, Madonna, Mylène Farmer ou Mickael Jackson. En effet, c’est une chanson de geste qui jalonne Mieux vaut partir..., à savoir des mouvements expressionnistes symbolisant les paroles. Ainsi, de trouvailles gestuelles - ne se privant pas de clins d'oeil à Pina Bausch et autres grandes signatures de la danse contemporaine - en pépites cocasses, le chorégraphe-danseur nous emmène sur une piste perlée de questionnements artistiques rémanents. Explorant d'innombrables possibilités de basculer son propre corps de l’espace réel du plateau vers l’espace virtuel de la vidéo, l'artiste se dédouble, se détriple, offrant à lui seul des duos ou des trios, s'amusant à créer plusieurs personnages qui se répondent, se chamaillent ou collaborent, notamment chorégraphe et danseur, ouvrant ainsi l'horizon du rire de ses "prises de tête".  

Durée : 60min
Micadanses/ADDP (Paris) - Le point éphémère (Paris) - Honolulu (Nantes) - Montévidéo (Marseille) - La place de la danse CDCN de Toulouse occitanie. Sylvain Riejou a été en résidence de recherche à L’L (Bruxelles), d’août 2012 à septembre 2015. Ce projet a connu ses prémices dans le cadre de cet accompagnement. Conception et interprétation : Sylvain Riejou - Coach chorégraphique : Tatiana Julien - Regards extérieurs : Stéphanie Briatte, Laure Hamidi, Lucas Morlot – Remerciements : Myriam Gourfink, Daniel Larrieu, Olivier Martin Salvant, Mathilde Hennegrave, Emmanuel Meyer, Maud Pizon, David Walh - . Production déléguée : Bora-Bora productions (Charles Eric Besnier et Chloé Ferrand) . Avec le soutien du Carreau du Temple 

 

Le festival Avis de Turbulences est organisée par L'étoile du nord, scène conventionnée danse.