Le Groupe O

Théâtre
"Il y a 3 actrices, 3 acteurs et un regard, moi, qui nourrit, oriente au fil des répétitions, et précisera à l’arrivée l’histoire qu’ils joueront."

PROJET EN RESIDENCE : L'Orgueil

Lors de leur résidence, ils préciseront la version du travail qu'ils ont présenté au festival SITU. Leur point de départ, c’est la lecture de Crime et châtiment de Dostoïevski

Raskolnikov est un jeune étudiant qui a dû arrêter ses études faute d’argent. Dans son isolement et sa pauvreté, il se convainc de plus en plus que la vieille usurière chez qui il dépose régulièrement ses derniers biens pour des sommes dérisoires, est un déchet de l’humanité qui ne sert à rien, pire qui fait le mal. Une idée lui vient : un meurtre est-il moralement tolérable s'il conduit à une amélioration de la condition humaine ? Il assassine l'usurière, mais son plan ne se déroule pas comme prévu et il commet un double meurtre. Son acte, plutôt que de l’aider à devenir un grand homme, provoque en lui une souffrance rongeuse et destructrice. Dans cette société moderne qui a pris son essor dans le siècle de Dostoïevski, où nous ne sommes forcés de prier aucun Dieu, ni de faire la révérence devant aucun seigneur, où naissant libres et égaux en devoirs et en droits nous pouvons tous prétendre à devenir un héros politique, une star de cinéma, un millionnaire ou un clochard, sommes-nous plus libres qu’avant ? Pouvons-nous agir en toute conscience, être réellement nous-mêmes ? Vaste programme ! Après son crime, Raskolnikov rencontre Sonia, une jeune prostituée dont il tombe amoureux et qui le convainc d’avouer son crime. Dostoïevski écrit cette relation comme une allégorie de l’amour de Dieu pour l’humanité déchue.

"Notre premier volet de travail est actuellement sur le christianisme. Cette religion qui apaise et oppresse... Cet « opium du peuple » qui donne parfois la force de tuer mais aussi de se repentir. Le christianisme plus que les autres religions car il pratique, comme le théâtre, l’art de représenter. Dans tous ses romans, Dostoïevski interroge l’existence d’un Dieu et cette obsession traduit la nécessité chez les êtres humains de se référer à une figure au-dessus d’eux, un dieu... ou une idole. Et quand on renie et les dieux et les idoles vers qui se tourner? 

Dans cette écriture théâtrale où les acteurs participent à l’élaboration de la pièce, il me semble important de les amener à initier leur écriture au plateau à partir de leur propre rapport au monde : d’un point de vue social, mais aussi intime. Qu’ils fassent confiance à leur propre histoire, leurs propres perceptions et ce qu’ils en tirent aujourd’hui. Il y aura un crime, il y aura un châtiment, mais notre histoire ne se passera peut-être pas à St Petersbourg et elle ne se déroulera sûrement pas au 19ème siècle; ce sera une histoire proche de ceux qui la joueront et de ceux qui la regarderont, une histoire d’aujourd’hui."

 

 

UNE ECRITURE COLLECTIVE MISE EN SCENE PAR LARA MARCOU

Lara Marcou se forme d’abord à la danse classique et contemporaine au CNR de Grenoble, à la Compagnie Coline (Istres), puis chez Merce Cunningham et Trisha Brown à New-York. En théâtre, à l’École du Théâtre National de Chaillot puis au conservatoire du 5ème arrondissement. Elle obtient en 2011 son Diplôme d’Etat de professeur de danse contemporaine. Depuis 2006 elle travaille comme danseuse et actrice avec les compagnies du Hasard Objectif (Sara Llorca, Charles Vitez), Das plateau (Céleste Germe), Les yeux grand ouverts (Grégory Benoit), Contrepieds (Chrystel Calvet), Le singe (Sylvain Creuzevault). Elle participe à Un Festival à Villeréal ; en 2011 comme actrice dans Je sais que c’est l’été réalisé par Léo-Antonin Lutinier et Lionel Gonzàlez et en 2012 comme metteure en scène de la création Il n’est pas donné à tout le monde… d’aller à Corinthe. En 2014 elle réalise Il faut détruire Carthage (court métrage, 30’). Elle travaille actuellement sur la version longue de ce premier court métrage. En mai 2015, elle mène un laboratoire sur l’héroïsme en StudioLab à la Ménagerie de Verre. Elle co-dirige Le Groupe O avec Marc Vittecoq. Ensemble, ils créent le Festival SITU (Ville, Département, Région, Drac) dont la première édition a eut lieu en septembre 2016 à Veules-les-Roses (Normandie).

 

Avec Théo Bluteau, Hugo Brune, Margaux Grilleau, Thomas Mallen, Lorène Menguelti et Pauline Susini

 

Soutien en résidence Das Plateau aux Ulis - Espace Culturel Boris Vian

 

Crédits photos Lara Marcou et Loïc Carrera