Compagnie Manque pas d'Airs

Danse
"Barca di Venetia per Padova" : un voyage initiatique

LE PROJET EN RESIDENCE

Le projet de la Cie Manque pas d’Airs et de l’Ensemble Tarentule, propose d’offrir l’interprétation scénique d’un objet qui jusqu’alors a rarement été abordé scéniquement. « Barca di Venetia per Padova » est ce qu’on appelle une comédie madrigalesque, c’est-à-dire une composition à cheval entre la Renaissance et le début de l’ère baroque, entre la musique polyphonique et l’opéra où les nombreux personnages la rendent peu lisible à l’oeil et à l’oreille contemporaine.
Le travail est donc de rendre possible et pertinente la représentation scénique de la pièce à travers une dramaturgie cohérente qui relierait les différents épisodes de la comédie par une thématique en lien avec le contexte monacale et local (Venise) du compositeur. Il est axé sur la fusion du corps du chanteur avec celui du groupe et la mobilité. Le développement de l’action et de la musique dans l’espace à travers le mouvement permet de passer de la voix soliste au choeur, de l’individu au groupe, de la musique frontale à l’ouverture d’un espace sonore sphérique et englobant, pour privilégier l’expérience sensitive.

 

L'HISTOIRE

Avant de rentrer à Bologne, le moine olivétain Adriano Bianchieri séjourna au monastère de Sainte Hélène à Venise, période durant laquelle il composa « Barca di Venetia per Padova ». Il est plus que probable que le compositeur ait, à travers cette œuvre, voulu retranscrire les personnages, la vie et l’atmosphère qui grouillaient derrière les murs de sa cellule. Si cette comédie madrigalesque emprunte, comme c’était l’usage à l'époque, certains de ses personnages aux archétypes de la commedia dell’arte tels les marchands juifs ou l’allemand Vaine, il décrit aussi des hommes et des femmes typiquement vénitiens, pêcheurs, courtisans, marchands, ou bien encore avocats de Murano. Ainsi l’œuvre voyage d’un style à l’autre, des madrigaux classiques aux chansons populaires et autres airs d’opéra, resserrant ses liens dans un voyage onirique sur l'eau de Venise à Padoue.

 

LA COMPAGNIE MANQUE PAS D'AIRS ET L'ENSEMBLE TARENTULE

La Cie Manque Pas d’Airs a été créée dans un désir de rendre l’art lyrique plus accessible, en choisissant de favoriser la proximité avec le public et une interprétation plus intimiste et incarnée. Nous cherchons comment puiser le sens profond des oeuvres et nous les interrogeons pour mieux nous en emparer, en proposer notre lecture d’artistes d’aujourd’hui. Nos partenaires sont le temps, le corps, la musique jouée par coeur et le texte qui aident à prendre pleinement conscience de ce que l’on raconte et transmet. Nous enrichissons notre recherche de collaborations avec des chorégraphes, créateurs sonores et directeurs musicaux avides d’expérimentation.

L'Ensemble Tarentule poursuit depuis plusieurs années le projet de diffuser et de faire connaître le répertoire de la musique vocale a cappella de la Renaissance, en insistant sur les compositeurs moins connus ainsi que sur leur production profane (chansons, rimes, madrigaux, comédie madrigalesque, catches etc.…). La démarche artistique est aussi portée par le désir d’expérimenter des approches contemporaines d’interprétation, d’inventer, d’innover, de chercher à exprimer toutes les potentialités de cette musique d’une richesse infinie, et source d’émerveillement constant pour les interprètes comme pour les auditeurs (confrontation du madrigal à la réécriture, au traitement sonore et à la spatialisation, traitement électro-acoustique).
 

 

Mise en scène Alexandra Lacroix
Direction musicale Cecil Gallois

Avec Capucine Meens (soprano), Macha Lemaître (soprano), Cécil Galllois (contre-ténor), Cellérier, Xavier de Lignerolles (ténor), Eric Chopin, (baryton)

Soutiens la Spedidam, l'Adami, le Département de la Seine-Saint-Denis, la Fondation Singer-Polignac, le Conservatoire des Lilas

 

 

Crédits photo : Alexandra Lacroix