Collectif Eukaryota

Danse
Comment à partir de simples objets, une configuration spatiale peut se déployer et permettre la mise en perspective de la fragilité de l'homme avec son habitat?

LE COLLECTIF EUKARYOTA

Le Collectif EUKARYOTA est une association loi 1901 qui a pour vocation de créer et de développer des projets artistiques et culturels sur le long terme.

Sur une proposition d'Elodie Sicard, chorégraphe et danseuse-interprète, de vouloir faire à plusieurs, de lancer des défis à la danse et de rendre social son rôle, le collectif est né de la rencontre de collaborateurs complémentaires, de générations et d'univers différents - chorégraphe, danseurs, musiciens, compositeur, dramaturge, artiste plasticienne, mathématicien et chercheurs scientifiques.

Le fruit de cette collaboration est l'alliance de la danse et de l'innovation technologique, les rendant respectivement plus fortes. Le collectif porte un regard sur les changements permanents des systèmes, aussi bien intimes et physiques, que sociaux et environnementaux, ce faisant il en exprime l’extrême et incontournable nécessité.

 

LE PROJET EN RESIDENCE : LES ALIBIS

Composition des mondes

En mettant à l’épreuve le champ chorégraphique, les Alibis font émerger la fragilité des équilibres entre l’homme et son habitat, l’impact de l’un sur l’autre, ainsi qu’une représentation des forces invisibles régissant notre univers. Nous sommes invités en ce lieu à partager une vision sur le monde et la vie qui l’habite.

Composition kaléidoscopique au cours de laquelle une «chasse imaginaire» s’immisce dans un espace scénique habité d’objets-sphères robotisés (conçus par le Hub Innovation Epitech). En sept tableaux - objet de contemplation, temps de la perception, Elodie Sicard a souhaité retranscrire les connexions, les forces de vie, les liens invisibles qui connectent les uns et les autres. 

Un autre espace-temps

Dans quelle mesure une individualité peut, à elle seule, réorienter tout le système ? Où se situe le point d’équilibre “limite” ?

Les sphères, constellation mouvante d’atomes, donnent une représentation émouvante des "Autres" dans leur mystère et leur diversité.  Comme représentantes de notre espace, de notre planète, elles sont mobiles, génératrices d’énergie, de transformations spatiales. Elles rappellent à la fois les organismes vivants, illustrent la loi d’attraction universelle et tissent la sphère sociale, les mouvements de groupes et les organisations humaines. 

Le corps prend la mesure sensible de leur existence, entre en empathie, chasse, guette, et finalement fête dans une ronde cosmologique. La danse est le lien charnel, sensuel, sensoriel, magique. Sa présence incongrue vient rompre, perturber la dynamique des sphères. Il tisse alors une logique de conjonction entre ordre et désordre, entre déterminisme et non-déterminisme sans que l’on perçoive les paramètres du jeu.

La combinaison de figures géométriques dessinées au sol par les trajectoires des objets-sphères, est chargée de signifier les rapports au monde, les relations entre individus et leur environnement. Toutes ces forces luttent, parfois férocement, pour s’affirmer et se transformer à travers une « épreuve » dans l’espace. 

Une chasse imaginaire

La chasse est un art de la “désapparence”. Il ne s’agit pas de disparaître dans le paysage, mais de ne pas y apparaître, de préférence ne jamais y apparaître en tant que tel. Pour cela, il y a deux manières d’y parvenir : se faire passer pour quelqu’un d’autre ou ressembler à ce qui est déjà là. Nous nous dissimulons tous, proie et prédateur.

En chaque chose, autre chose. “Ceci est-il cela ou autre chose? Ceci ne serait-il pas cela?” Le fait que le chasseur se dissimule et dissimule son but en même temps invite à déplacer la fonction guerrière ou chasseresse, en une invention empreinte de jeux et de métamorphoses. 

C’est le jeu des déductions qui se fait en guettant les signes et en recherchant par ruse; l’art de la ruse, imprévisible et subtil dans les formes qu’il emprunte. Mais c’est aussi un mur d’hypothèses contradictoires, créé par la crainte d’une menace future non identifiée qu’il nous faut surplomber par la gymnastique de l’imagination.

Les sens déployés du chasseur, ses déplacements dans l’espace, la distribution des ses énergies, la coordination de ses mouvements s’apparentent au repérage dans un territoire: la prise d’espace. La reconnaissance de signes, de traces, d’indices permet la reconstitution d’événements passés, présents ou futurs, nous amène à mettre en parallèle le chasseur, le détective et l’historien.

La danse des Alibis va ainsi se construire par accumulation des connaissances, déduction, par erreurs, reprises, fausses pistes, redécouvertes, grâce à ces filtres et ces schèmes qui aveuglent autant qu’ils font voir. Dans cette pièce, nous souhaitons construire un cadre favorable à l’émergence d’un langage chorégraphique et d’une dramaturgie en ayant comme support le récit d'une chasse à l'arc et tenter de faire naître un syncrétisme Nature/Culture, où la beauté se joue dans le mystère.

 

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