IDÉE² #10

Vendredi 13 mai
Conférence
Idée², c’est le nouveau rendez-vous du Carreau du Temple qui propose en accès libre des débats et conférences aux formats innovants et variés, abordant des questions d’actualité et de société.

CONSERVER LE GESTE
LES JEUDIS DE LA SORBONNE 

 

« Il n’existe pas de bibliothèque du geste, c’est un fait, rien qu’un fait »,
Frédéric Pouillaude, Le désœuvrement chorégraphique. Etude sur la notion d’œuvre en danse, Paris, Vrin, coll. ‘Essais d’art et de philosophie’, 2009.

 

Les tentatives d’offrir à l’art une définition ontologique reviennent régulièrement à l’idée d’éternité de l’œuvre, ce qu’Hannah Arendt appellera durabilité. La danse, en ce qu’elle est geste, en ce que sa matière est vivante, échappe à cette caractéristique présupposée inhérente aux œuvres. En dépit de son caractère irrémédiablement éphémère et sans résidu, différentes pratiques manifestent une intention de la danse de se créer une mémoire, un patrimoine et ainsi disposer d’un regard sur elle-même. De l’invention de systèmes de notation, au re-enactment en passant par le développement du support vidéo, la danse manifeste un besoin de retro et d’intro-spection. 
Comment expliquer ce phénomène ? Pourquoi le chorégraphe conserve-t-il et comment ?

 

LES INTERVENANTS :

♦ Cédric Andrieux, chorégraphe et danseur

Après une formation au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, Cédric Andrieux devient l’un des danseurs fétiches de la compagnie de Merce Cunningham. Il a dansé dans une dizaine de pièces du chorégraphe. Cédric Andrieux intègre en 2007 le Ballet de l’Opéra national de Lyon et a également dansé pour Rose Anne Spradlin, Chantal Yzermans, Daniel Linehan ou encore pour Jérôme Bel qui pensera une pièce à son nom. En plus d’être interprète, il a crée une pièce intitulée Les communs et enseigne la danse dans diverses grandes institutions.

 

♦ Elisabeth Schwartz, danseuse contemporaine et chorégraphe

Elisabeth Schwartz est formée en France et à New York. Elle a obtenu le Diplôme d’état en danse contemporaine, Diplôme supérieur en notation labanienne (CNSM, Paris) et le Diplôme de formation supérieure en culture chorégraphique. Elisabeth Schwartz est interprète du répertoire d’Isadora Duncan et spécialiste de la danse du début du XX siècle. Egalement Docteur en Arts du Spectacle, ses recherches sont concentrées sur les travaux d'Isadora Duncan et Rudolf Laban, et sur la méthode de danse classique Cecchetti. Elle transmet le répertoire de Laban en mêlant approche stylistique et histoire culturelle à travers les outils d’analyse qualitative du mouvement du chorégraphe et danseur.

 

♦ Olga de Soto, chorégraphe, danseuse, chercheuse

Après une formation en danse classique, danse contemporaine et solfège en Belgique, Olga de Soto poursuit sa formation au sein l’école du CNDC d’Angers alors dirigée par Michel Reilhac. Elle y rencontre, entre autres, le danseur et maître de ballet Hans Züllig mais aussi Susan Buirge et Laurence Louppe, historienne, critique d’art et écrivaine française. Depuis une dizaine d’années, la mémoire est un thème prépondérant dans le travail d’Olga de Soto : dans des pièces telles que Murmures (1997), Eclats mats (2001) ou la suite de soli accompagnés Incorporer ce qui reste ici au dans mon cœur, cette étude s’articule autour de la mémoire perceptive et du danseur comme archive vivante. Un autre axe que prend cette étude dans l’œuvre d’Olga de Soto se concentre sur la mémoire perceptive, celle des spectateurs ou des danseurs, dans le spectacle histoire(s) par exemple. Elle reçoit en 2013 le Prix SACD Spectacle Vivant pour l’ensemble de son parcours.

 

♦ Sabine Macher, chorégraphe, danseuse et écrivain

Originellement issue d’une formation littéraire, Sabine Macher se consacre à la danse au début des années 1980, et danse notamment pour le chorégraphe Georges Appaix. Elle a par ailleurs écrit et publié plusieurs livres parmi lesquels Le Lit très bas (1992), Carnet d’a (Théâtre typographique, 1999), Rien ne manque au manque (Denoël, 1999), Portraits inconnus (Melville / Leo Scheer, 2004), ou encore Deux Coussins pour Norbert (Le bleu du ciel, 2009). Pour sa manifestation Ouverture 1 (automne 2003) et sa création Kelien zo o nijal (des mouches volent), elle fut accueilli aux Laboratoires d’Aubervilliers. Kelien zo o nijal (des mouches volent) a également été programmé au Centre Chorégraphique National de la Région Bretagne (Rennes) en février 2005. En 2011, elle danse pour Mickaël Phelippeau pour sa pièce Numéro d’Objet.

 

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LES JEUDIS DE LA SORBONNE

 

Depuis 1990, Les Jeudis de la Sorbonne sont un cycle de conférences publiques organisées par les étudiants inscrits en master 1 « Métiers des Arts et de la Culture » de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ces rencontres consacrées à l’art, à la médiation et à l’ingénierie culturelle interrogent des problématiques touchant le secteur culturel et artistique et plus largement le secteur sociétal. Cette année, les Jeudis de la Sorbonne se feront en partenariat avec le Carreau du Temple.

Durant sept rencontres au Carreau du Temple de décembre 2015 à mars 2016, les invités des Jeudis de la Sorbonne discuteront de l’approche artistique des négociations sur le climat, visant ainsi à inscrire la culture au sens large dans ce mouvement mondial de mobilisation et questionnant dans ce cadre aussi bien l’art que le politique.